Boom de l’immobilier dans les Pyrénées catalanes / « Cette maison, c’est un moyen de ressouder la famille »

Muriel Maillat vient de signer un compromis de vente pour une maison à Porté-Puymorens. Une idée qui lui trottait dans la tête depuis 10 ans. Cette fois, le rêve prend corps. 

Depuis son village près de Saint-Affrique dans l’Aveyron, Muriel Maillat, 71 ans, est comblée à l’idée d’avoir sauté le pas. « Je cherchais sans chercher depuis 10 ans. Et récemment, j’ai vendu un petit appartement de 30 m2 à Toulouse et mes enfants m’ont dit ‘C’est le bon moment pour ton projet sur Porté’. » Dans la foulée, sa fille lui envoie une petite annonce qui rassemble ses critères. « Il y avait un balcon et une vue splendide. J’ai appelé tout de suite. L’agent Guillem Bely m’a dit qu’elle était en vente depuis deux jours. »

La retraitée prend la route avec sa fille le samedi suivant, direction Porté, village haut perché qu’elle connaît bien puisqu’elle y a vécu longtemps avec son mari, originaire du coin. « Jeunes kinés, nous nous étions installés dans le petit chalet du col du Puymorens. À l’époque, quand le col était fermé, on descendait en ski. C’était en 1975… », se remémore celle qui est aujourd’hui veuve et grand-mère. Porté, c’est l’époque des débuts de son mariage et de l’arrivée de sa première fille. Par la suite le couple a vécu à Villeneuve-les-Escaldes et Andorre-la-Vieille. Ce projet, pour l’Aveyronnaise, c’est à la fois un retour aux sources et un pas vers l’avenir… 

Je ne pensais pas que ça se ferait si vite

« Quand on est arrivé pour la visite, on sortait d’une semaine de pluie et ce matin à Porté, c’était le grand soleil. Très vite, j’ai dit à ma fille, ‘Pour moi c’est OK.’ Elle m’a répondu ‘Moi aussi je le sens.’ Honnêtement, sur les photos déjà j’étais convaincue. » Muriel a trouvé son bonheur dans une maison claire, « pas coincée dans le village sans lumière. On n’a pas forcément besoin d’énormément de place, mais assez pour la famille, avec un terrain pour les petits-enfants et à 150 mètres des pistes. » Banco, l’Aveyronnaise ne fera pas d’autre visite. « L’agent m’a dit qu’une autre personne avait fait une proposition au prix, j’ai adressé mon offre par écrit et ça a été accepté. » 

La maison de Porté, 99 m2, quatre faces avec des travaux de rénovation, partira pour 190 000 euros. Sans négociation et en moins d’une semaine de mise sur le marché. « Je ne pensais pas que ça se ferait si vite. Je l’achète avec mes enfants, toute la famille est heureuse« , se réjouit Muriel. « On veut une maison pour se retrouver tous ensemble. Cette maison, c’est une résidence secondaire pour moi et les enfants. C’est un moyen de ressouder la famille. »

 

Cerdagne-Capcir : retraite au calme et à la fraîche 5 mois par an ou vacances au ski, quels budgets ?

C’est Sébastien Colomer, de l’agence montlouisienne Saint-Georges Immobilier, qui en fait la remarque. Parmi les nouveaux acheteurs, pas mal de « jeunes retraités » venus de Perpignan d’abord, puis Montpellier, et enfin de toute l’Occitanie. « Ils fuient la forte activité des zones littorales ainsi que la chaleur, explique l’agent spécialiste du secteur du Haut-Conflent, de Fontpédrouse à La Llagonne. Ils achètent pour eux et leurs enfants et se partagent le temps entre la plaine, avec la plage, et la montagne. »

La démarche n’est pas nouvelle, mais elle a repris de l’ampleur avec le Covid. Les acheteurs profitent des bienfaits de la montagne, quiétude et fraîcheur de juin à fin octobre. Car, sud oblige, l’arrière-saison, même à si haute altitude, reste très agréable. « Ces jeunes retraités cherchent en général des produits confortables, poursuit Sébastien Colomer, plutôt des maisons, avec de l’espace et un certain niveau de qualité pour pouvoir y rester plusieurs mois. » En général, le budget moyen est autour de 200 000 euros. 

Autre produit, autre profil, les maisons ou chalets entre 150 et 300 000 euros pour des couples de quadra autour de 40 ans pour qui ce sera le premier investissement en résidence secondaire, avec un double objectif : locatif et jouissance. Enfin, plus modeste, les appartements deux pièces à proximité du domaine skiable se vendent dans son secteur à moins de 100 000 euros. Pour une pièce supplémentaire, compter environ 20 000 euros de plus.