Boucherie-charcuterie Blanc de Bolquère-Pyérénes 2000 : 100 ans de saga familiale

Le 3 décembre 1920, François Blanc ouvrait un commerce à côté de l’hôtel-café dans le centre de Bolquère. Un siècle et quatre générations plus tard, la boucherie-charcuterie Blanc s’est déplacée et la saga n’est pas terminée…

Francis Blanc nous accueille dans son établissement encore calme. « Mais ça ne va pas durer, ça va bientôt être le coup de feu !  » prévient-il. Quelques jours avant le réveillon du 31, les commandes se bousculent. Francis montre avec fierté un document des archives départementales qui porte mention de la création de commerce de boucherie de François Blanc, son arrière-grand-père. C’était exactement le 3 décembre 1920. Un siècle et quatre générations plus tard, la boucherie-charcuterie Blanc est toujours là !

« Après la Grande Guerre, mon arrière-grand-père a ouvert à côté de l’hôtel-café, une petite boucherie. C’était plus dans le centre du village« . Il rappelle que son père, François et son grand-père Sauveur, allaient chercher les bêtes à pied pour les ramener à Bolquère où existait un petit abattoir attenant à la boucherie. « Un autre monde, mais ce qui n’a pas changé, c’est que nous travaillons beaucoup avec les agriculteurs locaux. Par exemple, je me sers, pour le porc chez Julien Bozom à Latour-de-Carol« .

Dans les années 1990, la boucherie-charcuterie a déménagé sur la route principale de Bolquère où passe le GR-10 et s’est agrandie d’une épicerie (supérette U), dépôt de vin, presse et une cave à vin. « Depuis trois ans, avec Robert Rosell, nous faisons des travaux d’embellissement avec bois et granit, une fenêtre avec vue sur le séchoir naturel, le tout grâce à des aides de l’État, la Région et l’appui de la chambre de métiers« .

Damien, la 5e génération

La boucherie-charcuterie a fait de la vente de viande en colis (sa spécialité) de 6, 12 et 18 kg de veau, bœuf, agneau, porc. « Tout ce que nous fabriquons est dans le séchoir naturel « .

La supérette U fait le pari des produits de Cerdagne, Capcir et haut Conflent, Donnezan pour le miel, moutarde, confiture, fromages, liqueur de Llivia et également, fruits et légumes, vins de la plaine du Roussillon. « La famille Jonquères d’Oriola a élaboré une cuvée spéciale pour les 100 ans de la boucherie-charcuterie « .

L’établissement tourne avec cinq personnes « Manu Batllo, qui travaille avec nous depuis 20 ans. Elle a largement pris part à l’essor du commerce, Stéphanie Allibert, notre vendeuse, et Gilles Heudiard, un cuisinier de renom qui nous a beaucoup apporté au rayon traiteur. Mes parents, Lucienne et François, viennent toujours donner un petit coup. Ma femme Céline ne travaille pas dans l’entreprise« . Dans le laboratoire, un jeune apprenti manie le couteau à désosser. « C’est mon fils aîné Damien. À 17 ans, il vient d’obtenir son CAP boucher et va présenter le CAP de charcutier-traiteur. S’il continue, mais je ne lui mets pas la pression, ce sera la 5e génération « .

Si pour cette fin d’année, l’entreprise va marcher à plein, Francis n’en oublie pas moins d’être solidaire des restaurateurs et d’encourager les gens à se tourner vers la vente à emporter.