ce que la filière viande des Pyrénées-Orientales va faire des 4,5 millions d’euros

Il y a à peine sept ans que l’abattoir de Perpignan a migré des locaux obsolètes de Saint-Assiscle vers la zone économique de Torremilla, au nord de l’agglomération. À l’époque du déménagement, la production atteignait 3.300 tonnes. Prudents, les promoteurs du projet, la coopérative des éleveurs des Pyrénées-Orientales en tête et l’industriel Bernard Guasch, dimensionnent le nouvel abattoir pour un potentiel de 4.500 tonnes.

Des volumes pour lequel l’établissement est agréé et qui sont aujourd’hui dépassés : le dernier exercice s’est clos sur une production de 5.000 tonnes « et les services vétérinaires nous pressaient de nous mettre aux normes », reconnaît Tony Baurès, éleveur en Cerdagne et président de la coopérative catalane des éleveurs.

Que s’est-il passé pour que la production s’envole ainsi ?

« C’est le résultat de nos efforts et des investissements consentis dans le cadre du « plan viande » que nous avons entrepris avec la chambre d’agriculture », précise Tony Baurès (également vice-président de la chambre d’agriculture).

Ce plan coïncide avec un changement de cap assez radical de l’élevage des bovins. Avec l’ambition alors de dégager le plus possible du marché du maigre, les veaux vendus aux engraisseurs espagnols et italiens, traditionnels débouchés de l’élevage français en général, pour éviter les soubresauts de ce marché très volatil.

Pari sur les circuits courts et locaux

« Nous avons alors misé sur le local et les circuits courts en engraissant nous-même une partie des animaux et en développant des démarches de qualité pour l’ensemble de nos productions, poursuit Tony Baurès. Nous sommes parvenus à doubler le nombre de Rosée des Pyrénées commercialisés cette année, avec près de 180 animaux, et nous attendons encore 20 ou 30% de croissance en 2022. Et c’est pareil pour les veaux primeurs ou les agneaux… »

La coopérative œuvre également au développement de petits ateliers porcs chez les éleveurs de bovins pour abonder le marché. Il s’abat 20.000 porcs dans l’abattoir de Perpignan tous les ans, dont moins de 3.000 viennent des Pyrénées-Orientales.

Les deux projets présentés par les éleveurs catalans et la société Guasch ont donc été remarqués par le plan de relance. Le projet de modernisation de l’abattoir est lauréat régional et crédité de 1,44 million d’euros pour une facture de 3,63 millions d’euros, « le taux maximum que nous pouvions obtenir », se félicite l’éleveur cerdan.

Les travaux porteront sur l’extension de la bouverie, de la capacité de ressuyage et de stockage et la création d’une ligne d’abattage dédiée aux porcs, un des axes de développement les plus prometteurs pour les éleveurs catalans.

20 millions d’euros

Le projet structuration de la filière comporte, quant à lui, deux volets et a été distingué lauréat national.

Le premier volet, 90.000 euros de subventions, servira à la mise à jour informatique de la coopérative, la modernisation d’un centre d’allotement des animaux (le tri) à Ria (aux portes du Conflent) et le lifting des outils marketing des différentes filières, IGP Rosée des Pyrénées, Vedell, porc Tirabuxo, agneau Xaï…

Le second viendra appuyer la construction d’une nouvelle usine de charcuterie sur le site de l’abattoir par les établissements Guasch, aidée à hauteur de 2,20 millions d’euros sur un investissement de 9 millions d’euros. Qui viennent compléter les 7 millions d’euros investis dans la construction de l’abattoir, les 8 millions d’euros des établissements Guasch et les 250.000 euros du plan viande.

Le calendrier de déploiement de ces projets n’a pas été communiqué.