Collioure : il était une fois les fêtes de la Saint-Vincent

L’événement qui s’ouvrira ce dimanche 14 août à 18h30 par la grande parade prend  ses racines aux IVe et XVIIIe siècle autour de celui qui deviendra le saint patron protecteur des pêcheurs de la cité catalane. Explications. 

C’est le rendez-vous phare de l’été à Collioure qui, tous les ans, depuis le début du XVIIIe siècle renouvelle la tradition chrétienne de la procession en mer par le transport dans la cité catalane des reliques de Saint-Vincent, Saint-Maxime et de Sainte Libérate. 

Les fêtes de la Saint Vincent portent le nom d’un martyr de la commune torturé durant la Grande persécution au tout début du IVe siècle. Cette répression du christianisme, porté par l'empereur romain Dioclétien, conduit à ce que l’armée romaine emprisonne Vincent de Collioure, car chrétien. Ce dernier, refusant de se soumettre aux dieux païens, aurait été alors flagellé, frappé et jeté contre les rochers. La légende dit que ses plaies auraient miraculeusement guéri durant la nuit avant qu’il ne soit finalement brûlé vif le 19 avril 303, non loin du rivage, où se trouve une chapelle aujourd’hui. 

C’est naturellement vers ce personnage que Collioure et ses pêcheurs se tournent quand il s’agit de prendre un saint patron catholique pouvant porter un regard protecteur sur les conditions de la pêche de l’époque. Ainsi, le 16 août 1700, une petite relique de Saint Vincent est ramenée de Rome par l’abbé Prats et installé dans l’église Notre-Dame-des-Anges nouvellement construite. Un an plus tard, toujours le 10 août, et pour la première fois, les différentes reliques sont déposées en barque de pêcheurs sur la plage du village où un feu est allumé en souvenir du bûcher de Saint Vincent.

Les reliques de Saint Vincent, Saint Maxime et de Sainte Libérate sont acheminées en barque jusqu'à la plage de Collioure.
Les reliques de Saint Vincent, Saint Maxime et de Sainte Libérate sont acheminées en barque jusqu’à la plage de Collioure.
L’INDEPENDANT Independant – HARRY RAY JORDAN

Cette procession se tiendra alors tous les ans jusqu’en 1905 où la loi de séparation des églises et de l’Etat entraîne la fin de cette cérémonie. 

Reliques, pêcheurs et barques catalanes

La tradition officiellement ne reprendra qu’en 2001 dans le cadre des fêtes du tricentenaire. Ce rendez-vous se veut aujourd’hui populaire, pittoresque et souhaite rappeler l’histoire vénitienne des fiançailles du doge. Ainsi, la lune, les feux de Bengale, les lumières du port, les lanternes multicolores suspendues aux antennes des barques, se doivent de produire un aspect féerique. C’est le moment venu du surgissement de la mer du navire portant une grande bannière blanche accompagnée par les barques des pêcheurs vers la plage. Les prêtres conduisent alors les reliques au syndicat des pêcheurs qui les reçoit.

Un dialogue intervient, soigneusement, reproduit à chaque procession, où les pêcheurs interrogent l’ecclésiastique portant les reliques. Hissée sur le sable, la barque, où demeurent les prêtes et les reliques, est alors portée jusque dans l’église paroissiale sous l’escorte des marins et des torches alors que les pêcheurs sont vêtus tout de blanc sauf pour la ceinture et le foulard qui sont rouges. 

Les feux d'artifice se dérouleront le mardi 16 août à 22 heures.
Les feux d’artifice se dérouleront le mardi 16 août à 22 heures.
L’INDEPENDANT Independant Indepe – HARRY RAY JORDAN

Aujourd’hui, si la tradition perdure, ces fêtes sont également marquées par plusieurs manifestations où se mêlent cérémonies religieuses, animations musicales et promotion de la culture catalane avec, comme point culminant, les feux d’artifice le mardi 16 août à 22 heures depuis la baie de Collioure.