Font-Romeu – La réputée saga des coiffeurs Mazel s’achève

Le salon de coiffure Mazel est une véritable institution romeufontaine. Ouverte en 1929, la plus ancienne entreprise artisanale de la commune tire sa révérence.

Il y avait foule pour la fermeture du salon de coiffure Jacques M. De nombreux Romeufontains et autres habitués, en somme des clients devenus amis et amis devenus clients étaient venus manifester leur sympathie pour Jacques Mazel et sa femme Marie-Do. «C’est une sacrée épopée, démarrée avec mon grand-père Pierre et ma grand-mère Madeleine. Ils venaient d’Aveyron et voulaient s’installer à Font-Romeu où ils s’étaient déplacés pour trouver un local commercial. Ce jour-là, le Train jaune a été bloqué à Bolquère par une tempête de neige. Un monsieur les a donc amenés en voiture à Font-Romeu et déposés à l’Hôtel d’Angleterre où un local était à louer. Dans les jours suivants, mon grand-père était installé, ma grand-mère étant, elle, dans la banque ». Pierre Mazel travaille un peu au Grand hôtel, puis il rachète l’Hôtel d’Angleterre, l’actuel Sport mountain. Il fait venir d’Aveyron son ami Marcel Pomiès qui travaille avec lui, avant qu’ils n’aient chacun leur salon. Puis, le fils de Pierre, Pierrot, s’occupe du rayon spécialisé de la parfumerie dans le salon. « Il faut savoir que seuls les coiffeurs avaient le droit de vendre du parfum. Au décès de mon grand-père, c’est moi qui ai repris le salon de coiffure en 1979. J’avais 21 ans».

De coiffure à chaussures !

Celui qui voulait être prof d’histoire sera coiffeur 43 ans ! « J’ai également monté un salon à Bourg-Madame et j’ai racheté le salon de Marcel Pomies, là où le salon Jacques M. est depuis 1990. Avec Marcel, on prenait l’apéritif ensemble tous les soirs. Même s’il avait 40 ans de plus que moi, on s’appréciait beaucoup, il voulait que je reprenne son salon. Mais, la banque m’a refusé le crédit et c’est la famille Pomiès qui me l’a fait. J’ai pu perpétuer l’entreprise familiale« . Jacques et sa femme Mari-Do qui était coloriste à ses côtés, prennent une retraite bien méritée, sans avoir trouvé de remplaçants. « On passe de la tête aux pieds, puisque le salon va devenir un magasin de chaussures tenu par Carole et Bernard Lebrun, également agent immobilier pour elle et moniteur de ski pour lui« . Jacques ne restera pas inactif longtemps : « J’ai mes chevaux, les copains, la moto, ma femme, mes enfants Anthony et Estelle, ma belle-fille Julie et ma petite-fille Lila, tout juste un mois !« . Des journées belles et occupées en perspective pour le néoretraité.