Latour-de-Carol : l’entreprise la Colas s’ouvre au public

Sur la RN20 en montant vers Porté-Puymorens, personne n’a pu ignorer cette grande carrière d’extraction ni la centrale d’enrobés la jouxtant et la grande aire de stockage de déchets inertes aux hameaux de Quès et Riutès. Pour la première fois, le site exploité depuis 1998 par la Colas a été ouvert à la visite pour l’ensemble des élus du territoire.

Si l’entreprise de BTP la Colas, faisait régulièrement des visites à destination des élus de Latour-de-Carol dans le cadre des comités de suivi, c’était la première fois que le site s’ouvrait à l’ensemble des élus de Cerdagne, Capcir et Haut-Conflent. Trois classes de primaires de la commune, mais également une classe de 3e du lycée du Mas blanc à Bourg-Madame étaient conviées. En 1998, le site a été repris par la Colas à Gérard Font qui exploitait la carrière et le site de Quès. Mais la nouvelle entreprise n’avait jamais vraiment fait connaître les hectares utilisés. Pourquoi l’avoir donc rendu public ? « Depuis le nouvel arrêté préfectoral datant de 2020, nous avons de nouvelles dispositions environnementales qui sont imposées par les services de l’Etat » explique Baptiste Béné, responsable technique des trois sites de Latour-de-Carol, mais également chef de secteur travaux sur l’ensemble du haut canton, « nous nous sommes dit que c’était l’occasion d’en parler car on sait que ce site est mal connu« . L’exploitation se trouve également être le dernier site autorisé de tout le plateau cerdan pour être un SDI (stockage de déchets inertes), ce que l’on appelait auparavant décharge de terre. « Il était intéressant que les élus soient au courant« , ajoute Baptiste Béné.

Les explications du site aux élus par Guillemain.
Les explications du site aux élus par Guillemain.

Des mesures d’amélioration pour les riverains

Les questions posées par les maires montraient un besoin de savoir à qui s’adresser quant au recyclage de certains types de déchets. « On peut ainsi renseigner les maires sur l’accueil ici de terres inertes ou de matériaux de démolition. C’est l’occasion de leur dire que si, en entrée, ils trient bien leurs déchets, on est capable de faire des prix plus intéressants pour des matériaux recyclables, béton, matériaux de démolition« . Sur une superficie de 20 hectares, l’entreprise Colas exploite la carrière et la zone de stockage de granulats et la centrale d’enrobés sur Riutès et la plateforme de recyclage sur Quès. Elle monopolise de 4 personnes l’hiver à 15 personnes l’été. Les chantiers routiers emploient de 5 personnes l’hiver à 60 personnes l’été. « L’entreprise fait des travaux routiers essentiellement, mais aussi des terrasses et des réseaux enterrés. La partie industrielle a été le rachat successif de carrières pour maîtriser notre matière première« . L’extraction sur la carrière de Riutès est faite à 95% de granit à 95% et à la marge, de cornéenne, matériaux avec lesquels sont fabriqués des enrobés chauds pour les routes, à froid pour l’entretien routier. « Nous fabriquons également tous les granulats de structure de chaussée et également du sable pour la fabrication de béton de tout le secteur« . Conscients des différentes nuisances générées par l’entreprise, « nous essayons d’être vertueux dans le cadre de l’amélioration de tout ce qui est lié à l’environnement pour l’avenir, mais également en étant pragmatiques. On produit des nuisances, nous en sommes conscients, mais nous allons mettre en place des mesures qui améliorent ce que la nature peut subir, mais surtout la vie quotidienne des riverains avec notamment un changement de la centrale d’enrobage qui produit des odeurs qui empirent« , a annoncé Christophe Fontaine, directeur d’agence pour le Département. Une visite en tous points intéressante.

Les élus du haut canton sur le site de Quès, en face la carrière d'extraction sur Riutès.
Les élus du haut canton sur le site de Quès, en face la carrière d’extraction sur Riutès.