Le CNEA de Font-Romeu renforce son rayonnement à l’international

Le Centre national d’entraînement en altitude travaille de plus en plus avec différentes autres structures similaires à l’étranger.

Des homologues d’Andorre, de Catalogne et des Baléares. Un partenariat avec le Japon. Des échanges avec le Québec… Le Centre national d’entraînement en altitude de Font-Romeu et ses centaines de médaillés olympiques s’est taillé une réputation internationale. Au point que régulièrement, des délégations étrangères viennent observer son fonctionnement. Si l’endroit a l’habitude d’accueillir des sportifs venus du monde entier, c’est moins le cas du côté des dirigeants des structures similaires dans les pays voisins. Et comme il n’y a pas vraiment de concurrence, le Creps, qui gère les lieux et la Région, qui est propriétaire des murs, sont plutôt favorables à la mise en place d’échanges réguliers. 

C’est notamment le cas avec les membres de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, qui regroupe la Région Occitanie, Andorre, la Catalogne et les Îles Baléares sur des thématiques très larges et dont Carole Delga est actuellement, pour deux ans, à la présidence. « On travaille sur plein de sujets, mais étonnamment pas vraiment sur la partie sportive, détaille Kamel Chibli, le vice-président de la Région Occitanie en charge du sport. L’idée est de voir comment collaborer sur cette thématique. On se rend compte qu’il y a énormément de synergies à avoir. Eux aussi passent leur temps à accueillir des délégations du monde entier et nous, on cherche à créer des collaborations. Il y a aussi des opportunités de récupérer des fonds européens. On a de la complémentarité à mettre en place. »

Pas de concurrence

De par son histoire, son passé et son positionnement géographique, Font-Romeu n’est pas vraiment en concurrence avec les autres structures des territoires voisins. « On est évidemment en concurrence au niveau sportif, l’objectif est de battre les Espagnols et les Catalans à Paris (aux JO, NDLR), sourit François Beauchard, le directeur du Creps de Montpellier-Font-Romeu. Mais sur les projets qui concernent l’innovation, la santé et l’environnement, on est avec eux. » Surtout, avec un taux de remplissage à son maximum avec l’obligation de refuser régulièrement la venue de délégations sportives qui souhaitent bénéficier de ses infrastructures, même sur la partie hôtelière, Font-Romeu est à l’abri de la concurrence. « On est dans une logique de complémentarité, assure Antoine Le Bellec, le directeur des lieux. Les sportifs qui sont dans nos centres, connaissent presque mieux que nous leurs installations. On a par exemple régulièrement des sportifs d’ici qui vont à Sant Cugat (Barcelone) et inversement. On partage la même passion de bien accueillir des sportifs et d’apporter des services de qualité. »

Alors qu’est-ce que Font-Romeu peut apprendre de ses voisins ? « C’est tout l’objet de ces rencontres, prévient François Beauchard. On ne se connaît pas assez bien. En se connaissant mieux, on saurait ce sur quoi on peut échanger et ce sur quoi on pourra se projeter. » Les premiers contacts ont notamment permis de se rendre compte que les Catalans ont testé des produits innovants dans leurs piscines, favorables à la performance. Il y a aussi un gros travail commun possible sur la question de la diététique et de l’équilibre nutritionnel. Des sujets sur lesquels les Japonais ont aussi montré leur intérêt. À l’inverse, le CNEA a sans doute à apprendre en termes de recherche scientifique, du pays du soleil levant. 

Leader sur la thématique de l’altitude

Font-Romeu est aussi très regardé pour son travail sur le sport en altitude. « On est les leaders de la thématique altitude et hypoxie, reprend Antoine Le Bellec. On a déjà organisé deux symposiums internationaux sur le sujet en 2018 et 2021. On se rend compte que sur la thématique du centre d’entraînement en altitude on a créé un beau réseau avec le Japon, les Etats-Unis, la Suisse, la Sierra Nevada en Espagne… On fonctionne déjà en réseau et on échange régulièrement avec ces centres. »