Le train jaune, indétrônable star estivale des Pyrénées-Orientales

Plus qu’un simple train, le «Canari» attire des milliers de visiteurs chaque été. Une véritable institution locale qui est aussi la première attraction touristique des Pyrénées-Orientales

Le petit train jaune accueille chaque année environ 200 000 voyageurs, en très grande majorité des touristes durant l’été.

C’est sans doute un des rares trains à avoir sa fête annuelle (le 12 juin dernier) et un surnom aussi affectueux : le Canari. Depuis 1910, le train jaune (ou « petit train jaune ») parcourt la Ligne de Cerdagne à travers les montages des Pyrénées-Orientales. Soixante-trois kilomètres reliant aujourd’hui 22 stations, depuis Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol, en passant par la gare la plus haute de France, 1 600 mètres d’altitude, à Bolquère.

Un parcours hors norme, dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, agrémenté de 650 ouvrages d’art, dont 19 tunnels et deux ponts remarquables : le Viaduc Séjourné (suspendu à 65 m au-dessus du sol) et le Pont Gisclard (à 80 m au-dessus d’un précipice). Autant dire que le Canari, en plus de sa fonction de service public à l’année (en tant que TER pour les usagers de ses communes), prend une très forte dimension touristique chaque été.

Saison durant laquelle le train s’ouvre aux voyageurs avec l’ajout de ses fameux wagons décapotables à ciel ouvert. « De juin à septembre, le train jaune fait le plein tous les jours du matin au soir, confirme Pierre Anglade, responsable de l’Observatoire du Tourisme des Pyrénées-Orientales. Les gens le prennent en famille, en profitent pour se balader dans les villages environnants, saluent les automobilistes à l’arrêt ou les passants qui laissent passer le train… Nous comptabilisons environ 200 000 voyageurs par an, dont 80 % durant l’été. Mais cela pourrait être beaucoup plus durant la saison — le double ou le triple ! — si le train en avait la capacité d’accueil. ».

Paysage grandiose

Prisé par les touristes et choyé par les locaux, le Canari est une véritable institution. Car il offre à la fois une histoire (celle d’un projet aussi fou qu’innovant), un patrimoine colossal et une balade extraordinaire à travers des paysages à couper le souffle. « C’est le premier site du département en termes de fréquentation, il irrigue tout un territoire et ses communes, appuie Pierre Anglade. Mais au-delà des chiffres, c’est un véritable emblème, la montagne sacrée des Catalans ! Nous avons trois symboles forts dans le département : le Canigou, l’Usap (équipe de rugby de Perpignan) et le Canari. Celui-ci est un élément moteur très fort des Pyrénées-Orientales, connu bien au-delà… »

Un moteur qui, autre prouesse pour l’époque, marche depuis ses débuts à l’électricité. Et après plus d’un siècle d’activité, n’est toujours pas près de s’arrêter !

Par Alexandre Seba