L’élu municipal de Limoges Frédéric Roch va entreprendre la traversée à pied des Pyrénées pour « se confronter à la nature »

Des rivages du Pays basque à la côte Vermeille, en passant par la forteresse de Gavarnie, les lacs cristallins du massif du Néouvielle et l’ensoleillement de la Cerdagne. À partir du 20 juillet, l’élu limougeaud indépendant Frédéric Roch se lance « un défi personnel » : traverser les Pyrénées d’ouest en est, par le GR 10, soit 900 kilomètres, qu’il espère accomplir « en trente jours », « en autonomie, en bivouac, sans passer par les refuges », détaille-t-il.

Pour lui, ce parcours est aussi « un acte politique ». « Dans ce type de challenge, la frugalité et la sobriété sont des obligations, explique cet ancien cadre, fraîchement retraité, de la fonction publique territoriale. Et ce sont des valeurs que je voudrais défendre. »

L’urgence de la situation écologique nécessite d’aller vers les compromis. Il faut sortir de cette posture politique droite-gauche, qui me consterne parfois.

Il y a deux ans, Frédéric Roch a été élu à la mairie sur la liste d’union de la gauche, aujourd’hui dans l’opposition. Mais comme d’autres, il a depuis quitté ce groupe pour siéger en indépendant, tantôt opposé aux propositions municipales (notamment sur sa politique sociale), tantôt partisan du travail en commun, surtout sur la question écologique.

Ce « libertaire de gauche », lassé du « petit théâtre de la politique », prône « une approche camusienne », référence à l’exigence intellectuelle du Prix Nobel de littérature, Albert Camus. « L’urgence de la situation écologique nécessite d’aller vers les compromis, explique-t-il. Il faut sortir de cette posture politique droite-gauche, qui me consterne parfois. »

« L’activité physique nourrit la réflexion »

« Tout un chacun devrait au moins une fois dans sa vie se confronter à la nature », poursuit Frédéric Roch. Très attaché « dès l’enfance » à la préservation de l’environnement, l’élu qui aura 62 ans cet été compte sur ce retour à la nature digne d’Henry David Thoreau, pour « réfléchir » aux sujets qu’il affectionne : « la préservation de la biodiversité, les mobilités douces, la ville nourricière », liste-t-il. « Souvent, l’activité physique, la marche, la course à pied, nourrissent la réflexion », souligne cet amateur d’ultra-trail, ces courses longue distance en pleine nature.

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Tout au long de son périple, Frédéric Roch compte « prendre des notes », à la fois pour « nourrir sa réflexion », mais aussi pour « sensibiliser » la population. « Sensibiliser, ce n’est peut-être pas le bon mot, réfléchit le conseiller municipal. Car les gens sont déjà sensibilisés. Mais tant que le réchauffement climatique, ça reste un ours perdu sur sa banquise, on tourne la tête. Il y a une réflexion globale à avoir sur le productivisme, le consumérisme, la course à la technologie. Au final, il est possible que je revienne avec encore plus de questions. » Mais au moins auront-elles été « frottées » au réel et à la nature.

Sébastien Dubois