Osséja – La Perle cerdane : le colosse de béton et d’acier bientôt démoli

Le bâtiment de la Perle cerdane vit ses derniers mois. Une démolition vertueuse, liée à une reconversion du site avec la transformation du théâtre en salle de sport santé et la rénovation de la piscine, a été retenue. Une convention quadripartite actant cette démolition a été signée entre l’Alefpa, l’Etat, la Région et le Département à l’occasion du lancement du projet de reconversion du site de la Perle cerdane.

Une page d’histoire se tourne avec la déconstruction de la Perle cerdane. En 1949, sous l’impulsion du président du conseil départemental de la Haute-Garonne, une institution interdépartementale est créée dans le but d’ouvrir un sanatorium pour combattre la tuberculose. La Haute-Garonne, le Lot, le Tarn, l’Aude, les Pyrénées-Orientales choisissent Osséja comme commune d’implantation.

La Perle cerdane et la Cerdagne sont indissociables. Depuis 50 ans, elle a été le fleuron de la santé

« La politique de santé publique et la thérapeutique de la tuberculose ont évolué. En 1963, le bâtiment sera destiné à des activités sanitaires. Le Lot et le Tarn se sont retirés du projet« , a précisé Michel Caron, président de l’Alefpa. En 1969, la gestion de la Perle cerdane est confiée à l’Alefpa par un traité de concession. C’est le début d’une présence continue de cette association, acteur et aménageur historique du territoire. « La Perle cerdane et la Cerdagne sont indissociables. Depuis 50 ans, elle a été le fleuron de la santé, accueillant des générations d’enfants, de salariés qui se sont succédé« , dira Jacques Arevalo, directeur territorial Occitanie.

Mais le bâtiment a vécu et dès 2010, les 3 derniers étages de la Perle cerdane qui en compte 9, sont désaffectés. Progressivement, l’activité sanitaire et médico-sociale est redéployée via différents bâtiments. En 2018 et 2020 notamment, deux bâtiments du Pôle pédiatrique voient le jour.

Le paysage va changer

« Ce phare nous a bien rendu service, mais nous allons le déconstruire, les décisions sont prises, les financements mobilisés. Une nouvelle étape s’annonce grâce à l’engagement de l’Etat, la Région, du Département et de l’Alefpa. Nous écrivons une nouvelle page de l’aménagement du territoire et de l’économie de montagne« , a ajouté Michel Caron. « Ici, la santé a été mise à mal. Certains comme l’Ugecam ont décidé de partir, pas l’Alefpa. On a trouvé des solutions, on s’est entendus pour aller de l’avant de façon constructive « , dira Hermeline Malherbe, présidente du Département.

« Sur ce bâtiment, nous avons pu le raccrocher à une stratégie importante de la Région qui est la réduction des déchets. C’était une opportunité d’avoir un projet pilote pour d’autres projets de déconstruction » a expliqué Agnès Langevine, vice-président de la Région. Supprimer un ancien équipement fonctionnel demeure toujours un acte difficile pour son propriétaire. « Tout le monde connaît la Perle cerdane, cela fait sans doute quelque chose aux habitants de se dire que ce paysage va changer à Osséja et Palau-de-Cerdagne. Le Plan avenir montagne nous permet de soutenir ce projet et d’avoir eu cette fonction d’agrégateur des volontés « , a exprimé le préfet Etienne Stoskopf. La convention quadripartite a été signée entre l’Etat, Région et Département et l’Alefpa, cette dernière s’engageant à respecter un calendrier et un planning quant au projet de déconstruction et de reconversion du site.

Les représentants de l'Etat, la Région, le Département et l'Alefpa lors du lancement du projet de reconversion du site.
Les représentants de l’Etat, la Région, le Département et l’Alefpa lors du lancement du projet de reconversion du site.

Les travaux démarrent en 2023

Le cabinet Calc & DM Concept est en charge du projet de déconstruction du bâtiment. Le coût total du chantier est chiffré à 3 049 401€ TTC financés à hauteur de 508 233 € par l’Etat, la Région et le Département, le restant à charge pour l’Alefpa. Les matériaux réemployés ou recyclés permettront de créer une nouvelle ressource locale. La démolition vertueuse nécessite 38 420 heures de travail. Le démontage emploiera 6 personnes pendant 6 mois, avec une majorité d’emplois peu qualifiés permettant de mettre en place de l’insertion professionnelle de travailleurs en rupture d’emploi ou en problématique de requalification. Pour la démolition proprement dite, 15 personnes pendant 12 mois. Pour la livraison du site et le remodelage du terrain 5 personnes pendant 2 mois.