Perpignan : « Youme », la nouvelle création de la Cie Wang Ramirez à l’Archipel

À travers la danse, la Cie Wang Ramirez explore la diversité, en cultive la beauté. La voici de retour à Perpignan avec sa dernière création “Youme”. Cette chorégraphie pour deux danseuses et une violoncelliste, sera présentée samedi 16 et dimanche 17 avril, à l’Archipel.

Honji Wang, vous aviez déjà croisé le hip-hop et le flamenco, en 2015 dans “Felahikum”, un duo avec la danseuse Rocio Molina. Comment évolue cette relation dans “Youme” ?

Avec Felahikum, nous avons eu une période de création très courte, ce qui était très frustrant, car nous voulions bien sûr explorer davantage. Avec Youme, grâce à l’expérience acquise, nous avons eu la chance de poursuivre, et non pas de recommencer depuis le début, cette rencontre entre le hip-hop et le flamenco. Nous avons pu nous concentrer sur leur histoire et leur caractère respectifs et pas seulement sur leur langage de danse.

De quelle manière ?

Ici, l’idée était de se dire : Tu es différente, je suis différente. Qui suis-je ? Qui es-tu ? Portons-nous et essayons de nous connecter pour trouver un langage commun.

Pourquoi le choix d’une violoncelliste pour rejoindre les danseuses ?

Je suis très attachée aux musiques puissantes. Je trouve que le violoncelle a une force qui décrit plutôt bien les émotions. À chaque fois que j’écoute des morceaux au violoncelle, la musique m’emporte ailleurs.

Alors quelles musiques pour ce spectacle ?

Nous avons de la musique composée et jouée, arrangée par Elsa Guiet et Pauline Courtial et aussi l’apparition en tant qu’invités de Fernando Egozcue et Pablo Martin Jones. Et bien sûr, Sara Jimenez est elle-même musicienne.

Comment le trio s’empare-t-il de l’espace ? Comment le redéfinit-il ?

Trois c’est très différent de deux ! Et surtout avec une musicienne qui a besoin de son espace pour s’asseoir et installer ses techniques. Nous avons également décidé de prendre la conception de la scène (les ventilateurs) et de les réadapter sur un gravier pour pouvoir les déplacer.

Trois interprètes féminines, de disciplines et de nationalités différentes. Quelle est l’importance de ces critères dans ce projet ?

Je pense que les différences sont très inspirantes et importantes pour la société. Imaginez que nous soyons tous pareils ! C’est incroyable de voir comment nous pouvons nous comprendre sans parler les mêmes langues, mais aussi quel genre de malentendus il peut y avoir. Le fait que les trois interprètes soient des femmes est plutôt une coïncidence. Nous avons choisi les danseuses Sara Jimenez et Kalli Tarasidou, et la violoncelliste Elsa Guiet parce qu’elles sont avant tout des artistes et des personnages étonnants, et non parce qu’elles sont des femmes. Ceci dit, le fait que ce trio soit féminin est formidable ! L’énergie est très belle, très respectueuse, drôle et enrichissante.

Qu’incarnent-elles ?

La Mère, l’Enfant… et la Musique.

Représentations : samedi 16 avril à 19 h et dimanche 17 à 18 h. Tarif : de 10 € à 20 €. Rens. et rés. 04 68 62 62 00 – theatredelarchipel.org