Pyrénées-Orientales : le camping du Pla de Barrès, institution en péril

Le camping du Pla de Barrès n’est plus exploité depuis le mois de décembre 2020. Une triste nouvelle qui semble passer presque inaperçue dans cette période trouble.

Le site du camping du Pla de Barrès est en passe de devenir une friche. Un abandon qui semble très étonnant au regard de son ancienneté et surtout de l'emplacement unique offert aux vacanciers depuis des décennies.

Là, à quelques coups de pédales des Bouillouses, de la cité classée à l’Unesco de Mont-Louis, des stations des neiges catalanes ou encore de la frontière espagnole, l’historique camping est en train de péricliter sans qu’aucune institution ne semble sans préoccuper.

300 000 euros d’investissements

L’Office national des forêts a bien lancé un appel de mise en concurrence pour trouver un repreneur mais personne à ce jour. La commune de Mont-Louis était le dernier exploitant de ce petit bout de paradis en bordure de Têt et abrité d’une somptueuse forêt.

Joëlle Cordelette, l’actuelle maire, explique : « Les investissements à réaliser son trop importants pour nous. Il faudrait a minima refaire une station d’épuration et installer des bornes à incendies ».

300 000 euros au bas mot, sans compter les redevances selon l’élue, « le terrain appartient à La Llagone et la forêt à l’ONF. Avant de commencer quoi que ce soit, il y en a déjà pour 30 000 euros de loyer, et de confier, je sais qu’il y a eu au moins neuf personnes intéressées pour la reprise du camping mais elles ont toutes refusé à cause des conditions financières ».

Ce camping est une institution dans le département et au-delà avec ces 160 emplacements qui ont connu les débuts du tourisme contemporain.

Habitués depuis 4 générations

Marie-Hélène Herbet fait partie de ces nombreuses familles habituées du site et ne cache pas son désarroi : « Il y avait jusqu’à 4 générations réunies les pieds dans la Têt, comme on aimait dire. C’est un lieu essentiel. C’est tout un écosystème humain qui se trouve saccagé et bouleversé ! D’autant qu’aucun autre centre d’accueil dans la région Cerdagne-Capcir n’offre les mêmes prestations ».

Un témoignage loin d’être isoléDu côté de l’ONF, aucune communication, une reprise de l’activité est-elle seulement souhaitée?

Les institutions publiques, Region, Département ou Communauté de communes semblent ne pas s’être saisies du dossier.

Une incompréhension d’autant plus flagrante que l’on assiste dans le même temps à un regain d’attractivité pour la nature de la part de nombreux citadins.

Toujours est-il que l’été 2022 pourrait bien ressembler à 2021, sans aucune activité.

Le silence avant la fermeture définitive?