Pyrénées-Orientales / Sécheresse : la côte salanquaise bascule en alerte renforcée

Un nouveau comité « ressource en eau » s’est tenu ce vendredi 9 septembre en préfecture. Les restrictions sont maintenues en l’état sur l’ensemble des secteurs déjà concernés. Sauf sur la « bordure côtière nord » (Du Barcarès à Sainte-Marie-la-Mer) où elles vont monter d’un cran.    

L’été touche à sa fin. Cependant, malgré les pluies qui ont permis d’améliorer la situation en Cerdagne ou en Haut-Vallespir, la sécheresse persiste globalement en pays catalan. Ce vendredi, un nouveau comité ressource en eau réunissant entre autres services de l’Etat, associations (écologistes, pêcheurs….) et agriculteurs, s’est tenu en préfecture afin de prendre les décisions qui s’imposent au vu des niveaux des nappes phréatiques et des rivières.  

« Pour la quasi-totalité des secteurs, nous n’avons décidé aucun changement, indique le secrétaire général de la préfecture, Yohann Marcon. Hormis pour les nappes de la bordure côtière nord que nous passons d’alerte à alerte renforcée. Sur ce secteur, nous allons donc relever les contraintes, notamment en faisant passer les réductions de prélèvements agricoles de 25 à 50 %, comme c’est déjà le cas sur les secteurs de la Têt, du Tech, des Aspres et sur le bassin-versant de l’Agly amont. Nous prendrons un arrêté dans ce sens d’ici quelques jours. » 

Dilemme autour du Tech

Face à ces nouvelles restrictions, le vice-président de la Chambre d’agriculture en charge du dossier, Claude Jorda, se veut philosophe : « L’influence sur l’agriculture sera moins prégnante que si on l’avait fait il y a une quinzaine de jours. Les artichauts sont désormais plantés. »

De son côté, la Fédération pour les espaces naturels et l’environnement des Pyrénées-Orientales (Frene) s’inquiète de la situation sur le secteur du Tech. « Sur ce territoire, le niveau des nappes justifierait depuis juillet un passage en crise, assure la Frene. Or, celui-ci a été maintenu en alerte renforcée. Nous pouvons comprendre ce choix, qui vise à sauver l’agriculture. Reste que l’arrêté-cadre, qui mentionne les seuils à partir desquels il convient de déclencher les alertes, n’est pas respecté. »

Selon Yohann Marcon, la situation n’est pas aussi simple. « Sur le secteur du Tech, le niveau des nappes est effectivement très bas, confirme-t-il. L’accord-cadre prévoit des seuils, mais il ne s’agit pas d’une grille qui s’applique automatiquement. Ce sont les comités ressource en eau qui sont chargés de prendre les décisions. Et celles-ci dépendent aussi des tendances et de la sensibilité des usages. Sur le Tech, plutôt que de passer en crise, ce qui aurait condamné une partie des récoltes, nous avons maintenu une alerte renforcée, avec des contraintes déjà très fortes, en demandant aux gestionnaires de canaux d’irrigation de s’organiser pour aller plus loin. Certains canaux ont effectué jusqu’à 70 % d’économie. » 

Préparer l’avenir

La Frene préconise aussi la mise en place d’un dispositif de télèrelève sur les forages agricoles, afin de permettre aux services de l’Etat de pouvoir mesurer plus finement l’impact des mesures d’économies. L’association réclame par ailleurs des mesures structurelles pour lutter contre la pénurie d’eau. Comme l’exploitation du karst des Corbières, ou encore la mise en place de retenues alimentées par les crues. 

« On ne réglera pas le problème de l’eau seulement en faisant des économies, confirme Claude Jorda. Il faut aussi mobiliser de nouvelles ressources, retraiter les eaux usées, stocker l’eau au moment des crues et des grosses pluies. Mais pour mener à bien de tels projets, en France, il faut au moins cinq ans… »

En attendant, le comité ressource en eau, uniquement chargé de gérer l’urgence, devrait une nouvelle fois se réunir dans deux semaines. 

Le secteur de la bordure côtière nord comprend les communes du Barcarès, de St-Hippolyte, de St-Laurent-de-la-Salanque, de Ste-Marie-la-Mer et Torreilles.