Rentrée littéraire 2022 | Les coups de cœur des libraires de Perpignan

Rentrée littéraire 2022 | Les coups de cœur des libraires de Perpignan

Article mis à jour le 7 septembre 2022 à 10:56

Après la rentrée scolaire, vient le temps de la rentrée littéraire. En cette fin d’été 2022, près de 500 nouveautés cherchent à se faire une place dans les rayonnages des librairies.

Comme chaque année, cette période de l’année est propice à la publication du dernier opus ou du premier roman des auteurs. Si seuls certains ouvrages seront couronnés de succès et trôneront en tête de gondole, chacun de leurs auteurs espère remporter un prix littéraire. Alors, quels sont les coups de cœur et sélections des librairies Torcatis, Cajelice et des Presses Littéraires pour cette rentrée ?

D’où vient cette tradition ?

Si les auteurs choisissent de publier leur nouveau roman entre la mi-août et la mi-octobre, c’est pour une raison bien précise. Cette tradition, qui remonte au début du XXI siècle, permet tout simplement aux auteurs d’entrer en course pour obtenir l’un des nombreux prix parisiens. Le Goncourt, Femina, Interallié, Renaudot sont les plus connus. Remporter l’un de ces Prix est l’assurance pour l’auteur de voir bondir les ventes de son roman.

En 2022, sur les 490 romans et récits attendus en librairie, nombreux sont ceux écrits par des femmes. À travers leur plume, elles expriment aussi le symbole de la diversité. Parmi elles, Monica Sabolo avec La Vie clandestine, Virginie Despentes avec Cher Connard, Mon nom est sans mémoire de Michela Marzano ou encore Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon.

Les coups de cœur de la librairie Torcatis pour la rentrée

Pour vous guider parmi les nombreuses nouveautés attendues, la librairie Torcatis vous propose une sélection thématique.

Littérature :

Les marins ne savent pas nager de Dominique Scali, éditions La Peuplade. « Une extraordinaire épopée maritime sur l’île d’Ys !! Vous suivrez la destinée hors du commun de Danaé, jeune nageuse qui n’a d’autre rêve que celui d’intégrer la Cité, véritable mirage pour quiconque vit derrière ses remparts. Un roman à l’écriture magnifique et au rythme enivrant qui sent l’iode et les embruns et où les marées régissent la vie des hommes. »

Vivantes de Françoise Colley. « Portée par un destin hors du commun, Françoise Colley tisse dans ce premier roman intimiste, la toile de ses liens familiaux. Une mère extraordinaire, une fratrie soudée, un père absent, le tout dans un milieu social difficile. Un premier roman qui marquera forcément par son style et par les faits sans concession qu’il raconte ! »

BD / Roman Graphique :

Perpendiculaire au soleil de Valentine Cuny – Le Callet. « Une mise en dessins époustouflante de la correspondance entre un jeune condamné un mort et une dessinatrice étudiante en arts. Un récit à quatre mains bouleversant sur une rencontre et une amitié hors norme. Un récit incroyablement humain loin de tout manichéisme. » 

Journal Inquiet d’Istanbul d’Ersin Karabulut. « L’histoire vraie et captivante du jeune dessinateur de BD, Ersin Karabulut est enfin là ! Découvrez le feuilleton truculent d’un citoyen turc, amoureux de BDs ainsi que les chroniques authentiques d’un pays en plein bouleversement politique. Une ode à la BD, à la liberté servie par des graphismes détaillés et réussis ! »

Rentrée littéraire 2022 | Les coups de cœur des libraires de Perpignan

Essais/Documents :

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », En finir avec une sentence de mort de Pierre Tevanian et Jean-Charles Stevens. « Proférés pour clore toute discussion, ces dix mots, « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », semblent constituer l’horizon indépassable de tout débat sur les migrations, tombant comme un couperet pour justifier le refus ou la restriction. Dans cet essai incisif, il s’agit de décrypter et déconstruire tous les poncifs qui s’y logent et de revaloriser l’hospitalité. »

Jeunesse :

19 jours sans Noa, d’Anne-Gaëlle Balpe et Clémence Monnet. « Cosmo, part à la recherche de son frère dans le désert. Il va rencontrer un fennec, qui va le guider dans un monde souterrain où imaginaire et réalité se confondent. Retrouvera-t-il le chemin de chez lui ?… »

La sélection « rentrée » de Murielle et Clara de la librairie Cajélice

Murielle :

Une terrible délicatesse de Joe Browning Wroe. « William est tiraillé entre l’amour inconditionnel de ma mère qui le rêve  en chanteur lyrique et son oncle qui voudrait tant le voir reprendre son entreprise d’embaumeur. En ce froid mois d’octobre 1966 la Grande Bretagne vit la pire catastrophe de son histoire. Un terril s’effondre un village tuant des dizaines d’enfants. La vie de notre héros en sera à jamais bouleversée. » Un beau roman sur le deuil, l’amour familial et l’amitié.

La revanche des orages de Sébastien Spitzer. « C’est tout auréolé de gloire qu’il est revenu dans son pays.Il a fait partie de ceux qui ont largué la bombe au-dessus de Hiroshima. Grâce à lui le monde a cessé de gronder. Mais au fond de lui une sombre musique joue sans cesse, la culpabilité le ronge. Elle a pris la forme d’une petite japonaise brûlée qui lui parle sans cesse. »

« Un magnifique roman sur la cruauté, la culpabilité et le sens qu’on veut bien donner à l’histoire. » selon Murielle.

Clara :

La nuit des pères de Gaëlle Josse. « Tout explosait dans la maison, tu fracassais tout, mais il restait des reflets d’arc-en-ciel dont tu ne pourrais jamais voler la beauté. »

« Gaëlle Josse est une autrice à découvrir absolument ! Elle manie la plume avec talent et nous propose toujours des romans coup de poing. Ce nouveau roman ne déroge pas à la règle : elle nous frappe une nouvelle fois en plein cœur ! Elle explore la fragilité humaine, décortique les émotions enfouies, et pose des mots sur les maux. Ce récit est une main de fer dans un gant de velours. Très fort et  bouleversant. »

Clara lit Proust de Stéphane Carlier. Et si Stéphane Carlier nous livrait le secret pour enfin lire Proust ? Assurément le bonbon de cette rentrée littéraire ! Clara mène sa petite vie, travaille chez Cindy coiffure sans grande conviction. Les clientes défilent, leurs histoires aussi. Puis, un beau jour, elle découvre Proust et là, c’est la révélation. Ses journées ne sont plus rythmées que par la lecture de À la recherche du temps perdu, comme envoûtée.

Clara (de la librairie Cajélice pas du roman !) à propos du roman de Stéphane Carlier : « Un texte brillant et drôle à souhait ! Je mets ma main à couper qu’une fois ce livre fini vous foncerez acheter du Proust ! »

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Les éditions Les Presses Littéraires de Saint-Estève ont souhaité mettre en avant un auteur local : Pierre Euzet

Que faire quand vous avez tout oublié ? Comment se replonger dans les méandres d’une enquête que vous avez pourtant maitrisée sur le bout des doigts et dont vous avez oublié jusqu’au moindre suspect ? Pierre Euzet nous embarque avec L’ombre du Ratel dans la tête de Thomas Ferjani, flic perpignanais, qui va devoir reprendre l’affaire du Ratel à son point de départ. Comment agir quand vous repartez de zéro, et que le tueur, quant à lui, connait tout de vous… ?

Qui êtes-vous Pierre Euzet ? Je suis un nouvel auteur perpignanais âgé de 47 ans. Je suis marié et père de deux enfants.

L’ombre du Ratel est-il votre premier roman ? Oui, il s’agit de mon premier roman, mais non pas de ma première expérience littéraire. J’avais auparavant écrit une nouvelle qui m’avait permis de remporter le Prix du récit Fantasy en 2019.

Un roman local donc ? Oui, l’intrigue se déroule dans les Pyrénées Orientales… territoire qui me tient tout particulièrement à cœur, puisque je suis natif d’ici. Nous nous rendrons dans le Vallespir, dans la vallée de l’Agly, en Cerdagne, ferons un crochet par les allées de l’Université de Perpignan et déambulerons même dans les ruelles de la capitale roussillonnaise.

Combien de temps pour écrire ces 392 pages ? Près de 3 ans… avec une longue, très longue pause, durant la crise covid. Cette période, qui m’a beaucoup impacté professionnellement (je travaille dans un laboratoire d‘analyses médicales), a littéralement brisé les ailes de mon inspiration. Impossible pour moi d’écrire la moindre ligne.

Une idée pour un nouveau roman ? C’est bien possible ! Disons que j’ai une fin…

Une fin ?! Oui, j’ai la fin de mon prochain roman ! Je rédige ainsi, lorsque j’ai un bon épilogue, j’articule tout une histoire autour de celui-ci. C’est un jeu assez amusant. Parfois difficile, mais amusant.

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